Nouvelles

Louise Latraverse // Pour l'amour du public


Entrevue // Magazine Le Juliette

2024-02-15

— Par Sandy Fortier

C’est dans la continuation d’une longue carrière d’animatrice de radio, d’actrice au théâtre, à la télévision et au cinéma, de directrice artistique de théâtre, d’auteure et de metteuse en scène que Louise Latraverse remonte sur scène. Ayant été isolée, bien malgré elle, durant la pandémie, elle a décidé de provoquer cette rencontre avec le public en créant son premier spectacle solo : L’amour crisse. S’il y a bien une chose que la COVID-19 ne parviendra jamais à lui enlever, c’est l’amour qu’elle a pour les gens, sentiment authentique qui nous a conquis lorsque nous l’avons rencontrée. 

Nous sommes curieux, à quoi peut-on s’attendre avec votre spectacle L’amour crisse

C’est simplement un show solo d’une femme qui vient se raconter, qui va peut-être chanter une ou deux chansons, à travers ses petites histoires. Ma vie, elle est la même que tout le monde, sauf que les circonstances sont différentes. N’importe qui dans la salle va se dire : « Bien oui, moi aussi je vis ça. » Il faut se rappeler qu’on est tous ensemble dans la vie et que nous sommes tous au même niveau. 

Je veux parler d’amour. On vit dans une société déchirée. Si on s’aime assez pour être ensemble, on va faire les choses qu’il faut au lieu de se chicaner et de perdre un temps infini sur des niaiseries. 

Quelle est votre motivation à remonter sur scène à 83 ans? 

Parce que j’aime ça. Je suis bien sur scène et j’aime le monde. C’est ça que j’ai fait toute ma vie, je suis une communicatrice, une actrice. J’aime échanger avec les gens, je veux les entendre. Ils ont peut-être des choses à me dire. Si le public a des questions à me poser, ils me les poseront. Je m’ouvre, j’espère qu’ils se dégêneront. 

Quel a été un moment de pur plaisir dans la création de ce projet? 


De me retrouver devant mon lutrin, avec mon texte et ma grande amie, l’actrice Anick Lemay, qui collabore à la mise en scène, et c’est de se dire : « Bon, on y va, on le fait! » L’amitié, c’est formidable. J’aime ces femmes dynamiques qui font avancer les choses. 

L’audace vous connaît bien. Considérez-vous que vous avez fait avancer les choses? 

Très jeune, on a fait le spectacle Les Girls (une revue musicale féministe), c’était en 1968-69, juste après l’Osstidcho. J’ai demandé à Clémence Desrochers de faire un show ensemble, avec Diane Dufresne qui chantait de belles chansons françaises, Chantal Renaud qui avait du succès à la radio et mignonne comme tout, et Paule Bayard qui jouait Bobinette, qui était drôle. Et voilà, on a fait un show qui a eu un énorme succès. On a fait le tour de la province et ce n’était pas rien à l’époque. Il n’y avait pas eu de show de filles qui avait eu du succès comme ça. De nos jours, les femmes se trouvent dans toutes les sphères de la société.

Comment entrevoyez-vous le futur des arts de la scène? 


Ce sera un retour à la scène. Nous sommes dans une ère où tout est numérique. Tu ne peux pas passer ta vie avec ton cellulaire. Même si tu penses que tu es avec quelqu’un, tu es d’abord avec une machine. Ça fait une vie très isolée. Ce n’est pas la même chose que de voir et de ressentir les émotions de la personne devant toi. La scène, c’est vieux comme le monde. Dans toutes les crises vécues, il y a toujours un retour à la scène, un retour à la parole d’un être humain qui parle à d’autres êtres humains. Il y aura toujours ce besoin-là, un peu comme l’amour qui est un besoin vital. 

Louise Latraverse sera de passage au Centre des arts Juliette-Lassonde
le mercredi 6 mars 2024. Cliquez ici pour vous procurer des billets.


 ...