Reconnu pour son travail d’auteur auprès de nombreux humoristes, Simon Delisle met désormais son talent au service de son propre univers. Avec Tache, il signe le projet le plus intime et le plus exigeant de sa carrière. Nourri par ses expériences professionnelles et personnelles, il aborde ses épreuves avec recul et autodérision, transformant la vulnérabilité en un humour à la fois sincère, percutant et accessible. Nous lui avons posé cinq questions autour de ce nouveau spectacle.
1- Pourquoi avoir appelé ton dernier spectacle Tache?
J’ai choisi le mot Tache, parce que je voulais exprimer les multiples sens de ce mot. Les taches que l’on porte en nous au sens métaphorique, les taches que je porte aussi littéralement sur ma peau et les gens qui ralentissent parfois notre quotidien que l’on peut appeler Tache!
2- T’est-il déjà arrivé de faire une sortie importante et de te rendre compte finalement qu’il y avait une tache sur l’un de tes vêtements?
Je me dirigeais au Gala Les Olivier sans me rendre compte que j’avais sur mes pantalons une très grosse trace du dernier changement de couches que j’avais fait avant de partir (oui du caca, la matière la moins GLAMOUR sur terre!). C’est encore à ce jour le moment le plus papa humoriste que j’ai vécu.
3- Une tache est souvent laissée en raison d’un débordement d’émotions, ou de maladresse. Dans ta vie, qu’est-ce qui a déjà débordé… et qui a laissé une tache mémorable?
Pendant que je faisais ma formation à l’École nationale de l’humour, un de mes professeurs me répétait souvent que ce n’était pas « payant » quand j’étais fâché sur scène, que cela ne me rendait pas sympathique. Je me suis rendu compte plus tard qu’au contraire, ma colère était une arme qui, lorsque maîtrisé, me donnait un style et une couleur unique. Comme quoi, un débordement est parfois le début de quelque chose de beau.
4- Selon toi, quelle est la tache que notre société essaie un peu trop de cacher sous le tapis?
C’est une très bonne question et elle résume très bien mon champ de pensée pour mon troisième spectacle que je commence à écrire. Si je devais en faire le résumé, je dirais que la plus grosse tache de notre société, c’est l’orgueil. L’orgueil qui nous empêche d’admettre les erreurs du passé et d’être de
meilleures personnes pour le futur.
5- Penses-tu que toutes les taches (problèmes) que tu as vécues dans la vie sont finalement positives parce qu’elles te donnent du jus pour la rédaction d’un numéro?
Assurément que toutes les épreuves que j’ai vécues me servent. Je peux livrer des anecdotes que peu de gens peuvent raconter. Ça peut donc être vu comme un avantage, mais si je pouvais échanger toutes les blagues que j’ai écrites par des médicaments pour guérir les sources de ces récits, je le ferais sans hésiter.
Simon Delisle sera de passage au Centre des arts Juliette-Lassonde le vendredi 20 février 2026.

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