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Rewild: Un tango décomplexé aux airs de jazz


Entrevue // Magazine Le Juliette

2024-10-02

— Par Maxime Prévost-Durand | Le Courrier 

Dans le monde du tango, un mantra – Quien toca, non baila – stipule que les musiciens ne dansent pas. Mais le collectif Rewild voit les choses autrement. Avec son spectacle Quien toca, baila!, qui signifie « Qui joue, danse », les codes traditionnellement associés à cette danse latine sont renversés pour offrir une performance à la fois originale, surprenante et enivrante.

Deux danseurs argentins de renommée internationale, Angeles Veron et Albano Goldenberg, montent sur scène en compagnie de l’orchestre d’une douzaine de musiciens qui forment le collectif Rewild. Leur présence s’entremêle afin de raconter une histoire à laquelle tout un chacun participe.

« Les musiciens sont habitués de monter sur scène et de faire un peu comme si le public n’était pas là et de juste jouer ce qu’ils ont à jouer avec le nez dans leurs partitions, mais dans ce spectacle, je les fais bouger, se lever et danser », mentionne Marie-Hélène Panisset, qui signe la mise en scène. 

L’un des musiciens, Sebastian Verdugo, se refuse toutefois à se laisser emporter par la danse, trop concentré à jouer ses notes de piano. « Tout le long du spectacle, le but est de l’amener à danser. Il y a donc un peu d’humour à travers tout ça », ajoute-t-elle.

 En ayant une telle approche envers le tango, le collectif Rewild a voulu, à sa manière, démocratiser ce style de danse qui jouit d’une riche histoire, particulièrement en Amérique du Sud.

« Comme Québécois, on ne pouvait pas prétendre faire du tango mieux que ceux qui en font en Argentine [comme Angeles et Albano]. On a voulu apporter un regard nouveau sur la chose. Pour les danseurs, c’est révolutionnaire, poursuit Marie-Hélène Panisset. À travers la dramaturgie du spectacle, on essaie d’expliquer les rudiments du tango et on essaie de donner envie à ceux qui n’ont jamais dansé de l’essayer. »

Avec son approche unique, Rewild a même composé une trame musicale originale, ce qui est très peu commun dans l’univers du tango.

« C’est inspiré de tango, épicé de jazz et livré tel un orchestre de chambre en furie », lance avec enthousiasme Charles Papasoff, le compositeur principal de Rewild.

La musique a d’ailleurs été le point de départ de ce projet qui se transpose maintenant sur scène. Un album intitulé Cristal d’oreille a même été lancé à partir des morceaux qui sont joués durant le spectacle.

« Pendant la pandémie, on a fait une série de films qui s’appelle Captures d’audace. Ces films étaient des captations immersives de plusieurs spectacles avec des artistes issus de la grande famille du jazz, raconte Marie-Hélène Panisset. Il nous manquait un projet à la fin et Charles a eu l’idée de créer ce groupe de jazz tango. Rewild est né pour cette série de films qu’on a faite pendant la pandémie. »

L’orchestre jouit d’une grande diversité, avec des musiciens aux origines différentes et de toutes les générations qui sont issus autant de la scène classique que du jazz et du tango. « Tout ça crée un amalgame qui est original et surprenant, mentionne Charles Papasoff. Beaucoup de membres du groupe dansent aussi le tango, dont moi et Marie-Hélène. »

Avec Quien toca, baila!, le collectif Rewild a voulu s’adresser autant aux habitués du tango qu’aux curieux et aux néophytes. « On utilise le tango, la musique et la danse pour raconter une histoire. C’est de la musique et de la danse de haute voltige, mais toujours très accessible », décrit Charles Papasoff.

Le spectacle Quien toca, baila! de Rewild sera de passage au Centre des arts Juliette-Lassonde le vendredi 25 octobre 2024.

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